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Sommaire du n° 92

Paru le 28/04/2015

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Muse : The Resistance (2009 - cd - parue dans le Koid9 n°72)

Muse reste à mon sens une des plus grosses sensations musicales de ces dix dernières années. Je me rappelle encore du jour où j’ai glissé "Showbiz" dans ma platine en 1999 – une démo promo que m’avait laissée un super pote qui bossait chez Naïve, label français qui a fait germer le groupe – et de la claque monumentale qui s’ensuivit. "The resistance" est la 5ème production studio de la bande à Bellamy, laquelle n’avait rien fourni de neuf depuis 2006 et son "Black hole & révélations".

Ce qu’on peut dire dès le départ, c’est que le trio continue à donner dans la pompe, mais c’est aussi pour ça qu’on adore Muse, non  ? Ambiance épopée comme toujours, beaucoup de grandiloquence et un léger suspense lié au fait qu’on savait que le groupe avait prévu de travailler avec un orchestre et des arrangements symphoniques.

Dès l’ouverture et "uprising" on retrouve le son Dépêche Mode apparu sur "Black holes"  : gros synthés lourds, rythmique d’airain… ça commence fort, c’est efficace, bref le tube imparable que les ados vont mater pendant un moment sur les chaînes musicales. Puis nous arrive "resistance", qui donne son titre à l’album, et sa très belle intro planante. Second tube en puissance avec sa ligne mélodique très accrocheuse au piano et son refrain ritournelle. N’essayez pas de résister (justement) c’est totalement imparable. Encore plus Dépêche Mode que "uprising", "undisclosed desires" véhicule une ambiance assez sombre. Il est moins calibré que les deux premiers, mais il porte aussi en lui de la graine de Top50.

Alors on commence à se dire qu’enchaîner des hits en puissance comme des perles sur un collier c’est bien agréable mais que l’ensemble reste un peu convenu et sans surprise… quand déboule un "United States of Eurasia" queenien en diable. Intro piano cool, voix de velours, puis grosse envolée lyrique avec des violons, et enfin des sons de guitares et des chœurs empilés à n’en plus finir, le mimétisme est tellement hallucinant qu’on se dit qu’ils ont dû faire tourner les tables pour contacter le grand Freddy et obtenir son adoubement. L’ensemble trouve sa résolution dans la reprise de la nocturne n°2 de l’opus 9 de Chopin ("collateral damage") évidemment extrêmement romantique avec ses "violonades" mielleuses à souhait. La marque de fabrique de Muse est là mais le son est assez nouveau pour le combo. C’est sans rupture que l’affiliation à Queen se poursuit avec "guiding light" et son solo de gratte où on reconnaît même la saturation et le style de jeu de Brian May.

Et puis, avec "unnatural selection", les aficionados vont retrouver le même type de rythmique échevelée que celle de "new born" sur "Origin of symmetry" et ces guitares jouissives qui vous déchirent la tête du premier coup, notamment sur le refrain, et ça fait du bien  ! Évidemment taillé pour la scène, vous adorerez son pont musical d’inspiration psychédélique avec ses sonorités énormes, dont l’orgue Hammond hyper-grave qui déchire tout sur son passage. Ce morceau de bravoure, indéniablement l’un des meilleurs de cette galette, est une grosse baffe qui restera probablement un morceau emblématique du groupe. Il trouve d’ailleurs son prolongement naturel dans un "MK ultra" survolté qui porte lui aussi très haut les couleurs du son Muse. La vitesse supérieure a été indéniablement passée, et ça tombe bien car on va attaquer les 12 minutes très progressives d’"exogenesis"… Le groupe est ici accompagné de l’orchestre symphonique de Milan et on se demande bien comment tout ça va être transposé sur scène. Cette pièce, longtemps surnommée "the symphonic monster", a été composée et mise en forme exclusivement par un Matthew Bellamy qui ne voulait pas qu’un arrangeur dénature ses idées. Du fait de l’inexpérience du guitariste-chanteur dans ce domaine, il a été long (plusieurs années) et difficile à composer.

Le terme "exogenesis" est un nom technique pour la panspermie, théorie scientifique qui affirme que la Terre aurait été fécondée de l'extérieur, par des moyens extra-terrestres. Le 1er mouvement est lourd, sombre, lent et Matthew a cherché à le chanter comme le ferait une femme (dixit lui-même). C’est assez énorme… Le second et son piano gershwinien introduit une tranche de rock dans l’œuvre, alors que le 3ème mouvement qui débute un peu comme la sonate au clair de lune de Beethoven est un retour au calme. Même si la fin est un peu trop dégoulinante à mon goût, l’ensemble est impressionnant.

Au final, on retrouve le Muse connu, avec ses voix saturées et ses guitares suraiguës, mais on a aussi un album plein de surprises et auquel on du mal à résister. Globalement moins rock que d’habitude, en tout cas moins agressif et moins pêchu, s’il peut laisser planer une très légère déception à la première écoute, il faudra vous en méfier, "The resistance" est une galette addictive qui vous fait découvrir de nouvelles sensations à chaque écoute.

Et comme de toute façon je vais me faire engueuler par le Rédac’Chef avec ma chronique déjà trop longue, j’en profite pour vous envoyer sur YouTube regarder une vidéo un peu spéciale. En effet, quand vous serez sur le site, tapez "Muse Italie" et vous verrez la surprise que le groupe a concoctée à la Rai Uno en réponse à la chaîne qui refusait de les voir jouer en direct  !

Dominique Jorge

Chronique mise en ligne le 21/11/2014 et consultée 152 fois

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